Tuesday, July 17, 2007


Chez les mouches, les vraies ! pas d’ailes postérieures ; quand on y regarde de près, on dirait des têtes d’épingle : ce sont les balanciers. Grâce à eux qui fonctionnent tels des gyroscopes, la mouche ne vole pas n’importe comment, ne se perd pas en loopings superflus : elle est maîtresse d’ailes-mêmes, de ses évolutions.
Il est mentionné page sept que pour les espèces hautement spécialisées comme le pou, les ailes postérieures sont absentes. De même que la puce qui a glissé astucieusement entre son thorax et ses pattes arrière, un sac élastique constitué de résiline lui permettant de faire des bonds phénoménaux ; l’homme en comparaison devrait sauter deux tours Eiffel et réfléchir à l’atterrissage.
De savoir que les ailes membraneuses des Papillons sont couvertes d’écailles ne laisse pas de surprendre. À tel point qu’en comparaison, paraissent bien quelconques les poils sur les ailes des Trichoptères (qui portent bien leur nom) dont la phrygane en est la représentante la plus connue des pêcheurs de truite qui utilisent la larve comme appât.
Les nervures des ailes forment un réseau de cellules : sachez que des lépidoptéristes et même des diptèristes les numérotent !
Les pattes ! Quoi qu’en pense le commentateur chafouin du quatorze juillet qui se prétend « amateur de vers » (ce qui ne fait pas de lui un poète !) les trois paires de pattes ne font pas l’insecte. J’en veux pour preuve, aberrante je le concède, les cochenilles qui sont apodes. Cependant, il y a fort à parier que ce vétilleux commentateur n’a jamais entendu parler des cochenilles à bouclier, se contentant des farineuses. Il me reproche lors de mon intervention du même jour l’emploi du verbe ramper impropre à ses yeux s’agissant des insectes ; le terme ne s’appliquant, d’après lui qu’aux reptiles, aux vers et aux créatures dépourvues de pattes.
Je m’inscris en faux contre cette assertion ! Celle-ci révèle, en voulant apporter une pseudo rectification (et laisser sous-entendre une prétendue supériorité du commentateur sur l’auteur), les limites d’un esprit exclusivement scientifique oublieux des plus élémentaires connaissances lexicales et culturelles.
J’enverrai donc cet esprit borné (je dis cela sans être du tout péjoratif) parfaire ses handicaps vers les dictionnaires les plus courants (mais les rattrapera-t-il ?) pour prendre connaissance des diverses acceptions du verbe ramper. Il y découvrira notamment que le terme en question peut signifier aussi, ce qui est de circonstance, un manque d’élévation, d’inspiration.
En attendant, qu’il me permette de le renvoyer au Trésor de la Langue Française qui spécifie bien qu’en parlant de l’homme et de certains quadrupèdes (je reconnais, les insectes n’en sont pas, mais en quoi une paire de pattes supplémentaires peut-elle infirmer la définition ?) ramper c’est « Progresser lentement avec l’aide des membres, le corps appuyé au sol ou maintenu près du sol. Ramper à plat ventre ; ramper sur le dos ; ramper sur les genoux ».
Et si cela ne suffit pas, je citerai une de nos auteures les plus respectueuses de la langue française : Colette, dans dialogue de bêtes, 1905, page. sept.
[Toby-Chien] rampe sur le ventre, le train de derrière aplati en grenouille, jusqu’à Kiki-la-doucette, fourrure tigré, immobile.
Ou encore Henri Barbusse (Feu, 1916, page. 183)
On est forcé de s’agenouiller dans la boue, de s’écraser par terre et de ramper à quatre pattes pendant quelques pas.
Maintenant si de simples commentateurs pensent en savoir davantage que nos écrivains (nos poilus !), qu’ils continuent leurs commentaires, néanmoins si la description de l’anatomie d’un insecte entraîne de pareilles dérives, je m’abstiendrai désormais de m’aventurer sur ce brûlant sujet.
Vous pouvez disposer.

2 Comments:

Anonymous Anonymous said...

Je viens de lire cette mise au point à l'adresse de l'amateur de vers et je suis pleinement d'accord avec vous. J'avais trouvé son commentaire totalement non fondé. Bravo !

July 17, 2007 6:24 AM  
Anonymous Amana said...

Good words.

October 28, 2008 4:06 PM  

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