Sunday, July 1, 2007

Fantômes.




Je me suis réveillé, à six heures avec en moi, l’inévitable litanie des raisons de ne pas écrire.
Dans mon silence, les yeux fermés, j’ai subi les phrases clairement perceptibles qu’aucune voix n’émettait. Il n’y a pas de voix intérieures. Les mots qui nous tourmentent sont inaudibles, anonymes. Ils s’inscrivent en nous, sans bruit. Aucune voix ne les prononce pareils aux messages venimeux d’un inaccessible corbeau.
Comme le spectre dans son ensemble est absence de couleurs, le chœur silencieux des voix blessantes qui m’éveille n’a pas d’identité. Je lutte contre des fantômes convaincants, des créatures qui font corps avec des instants disparus et qui se ravivent à la moindre correspondance, pour moi insaisissable, avec le présent.
Je sais qu’il ne faut pas lutter, juste se détourner : ces fantômes n’existent que par l’attention qu’on leur prête.

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