L'autre ?
J’écris pour me connaître, connaître et faire connaître. Il est difficile de toujours dissimuler, d’éluder, de voiler… à moins de ne plus écrire.
Mais se livrer ? Est-ce possible ?
Je ne doute pas qu’un être qui parviendrait vraiment à mettre son « cœur à nu » paraisse toujours, et plus encore, inexplicable. De tout savoir de cet être ne nous le ferait pas mieux connaître ; la description exhaustive, le trop-plein d’explications, de « raisons » désorienteraient, feraient lâcher prise aux tentatives de jugements définitifs.
Nous sommes jugés pour la part obscure de nous-mêmes, pas pour ce que nous sommes, pour cette part laissée plus ou moins volontairement dans l’ombre et qui, paradoxalement, nous révèle. Nous croyons que notre peu de lumière suffira à nous justifier aux yeux des autres, à nous absoudre, or c’est l’ombre qui attire le regard. Si nous ne pouvons ici-bas échapper aux contrastes, peut-être faut-il tenter de circonscrire la véritable part des ténèbres, apprendre à connaître l’inconnu qui nous habite, ne pas confondre l’inconnaissable et le méconnaissable. Moins nous connaissons quelqu’un, plus ses fautes et ses lacunes nous semblent flagrantes, condamnables. Voilà pourquoi je dis que nous jugeons des ombres qui accusent ceux à qui elles appartiennent.
Mais il suffit d’un rien parfois pour nous apercevoir que ces ombres n’en étaient pas, seule notre méconnaissance nous y avait fait croire. Quant au cœur du mystère, s’il existe réellement, qui en dénouera les secrets ?
Néanmoins, s’il n’est pas possible de connaître l’autre qui pourtant se livre autant qu’il le peut, le pressentiment de son intégralité nous le rend plus proche, moins différent ; plus nous en approchons, plus nous en savons sur lui, plus il devient complexe, difficile à juger, plus pardonnable
Mais se livrer ? Est-ce possible ?
Je ne doute pas qu’un être qui parviendrait vraiment à mettre son « cœur à nu » paraisse toujours, et plus encore, inexplicable. De tout savoir de cet être ne nous le ferait pas mieux connaître ; la description exhaustive, le trop-plein d’explications, de « raisons » désorienteraient, feraient lâcher prise aux tentatives de jugements définitifs.
Nous sommes jugés pour la part obscure de nous-mêmes, pas pour ce que nous sommes, pour cette part laissée plus ou moins volontairement dans l’ombre et qui, paradoxalement, nous révèle. Nous croyons que notre peu de lumière suffira à nous justifier aux yeux des autres, à nous absoudre, or c’est l’ombre qui attire le regard. Si nous ne pouvons ici-bas échapper aux contrastes, peut-être faut-il tenter de circonscrire la véritable part des ténèbres, apprendre à connaître l’inconnu qui nous habite, ne pas confondre l’inconnaissable et le méconnaissable. Moins nous connaissons quelqu’un, plus ses fautes et ses lacunes nous semblent flagrantes, condamnables. Voilà pourquoi je dis que nous jugeons des ombres qui accusent ceux à qui elles appartiennent.
Mais il suffit d’un rien parfois pour nous apercevoir que ces ombres n’en étaient pas, seule notre méconnaissance nous y avait fait croire. Quant au cœur du mystère, s’il existe réellement, qui en dénouera les secrets ?
Néanmoins, s’il n’est pas possible de connaître l’autre qui pourtant se livre autant qu’il le peut, le pressentiment de son intégralité nous le rend plus proche, moins différent ; plus nous en approchons, plus nous en savons sur lui, plus il devient complexe, difficile à juger, plus pardonnable

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