Thursday, June 28, 2007

Gouttes de pluie pour "Mémoire déformant".



Depuis deux jours, il pleut. Depuis deux jours, entre deux phrases, je regarde les gouttes tomber sur la terrasse, ruisseler sur la baie vitrée, le jardin en est troublé : impression, jardin pluvieux.
J’aime cet aspect tremblé du paysage, et trompeur. Les arbres prennent des formes changeantes ; les décrire, c’est se contredire. La phrase à peine achevée, une nuance, un mouvement flou viennent aussitôt l’infirmer. Tenter de suivre ces mouvements, ces nuances, d’épouser par des phrases leur rythme imprévisible, contradictoire aurait pour résultat un texte tout aussi imprévisible et contradictoire dont la cohérence serait pour le moins déroutante, mais tentant à écrire.
Vouloir définir exactement le fait, la pensée, la raison qui a présidé à l’écriture d’un texte est un exercice hasardeux, toutefois, il est possible que les arbres mouvants, à longueur de temps modifiés par la pluie et le souvenir conjoint du « Journal d’un fou » m’ont inspiré « Mémoire déformant ». La description sans cesse recommencée de ce coin de jardin ondoyant sous la pluie, et le récit, jour après jour, plus extravagant, incohérent du narrateur sombrant dans son monde intérieur ont certainement donné le la à un texte où le narrateur traite son passé avec la même fantaisie que ce malheureux et attendrissant, et drôle malgré tout, Avksenti Ivanovitch Poprichtchine, l’auteur du Journal.
La liberté (chèrement payée) propre au fou de Gogol accorde à son auteur une égale liberté d’écriture, à laquelle je n’ai pu résister, tout en en faisant un usage correspondant à mes seules capacités, avec lesquelles mon narrateur n’a fait que ce que je pouvais.
Me glisser dans les souvenirs de mon narrateur a été littéralement un jeu d’enfant. Leur diversité, leur caractère aléatoire ne pouvait donner naissance qu’à des phrases aussi instables et aléatoires. À tel point, comme il arrive souvent, je ne sais plus très bien qui, de ces souvenirs inconstants ou de ces phrases semblant (puisqu’ils sont imaginaires) les relater, générait qui.
Souvenirs inconstants, mais à chaque fois reconnus avec conviction, affirmés successivement avec la plus grande certitude.
Mon narrateur oscille entre l’amnésie et l’anamnèse : il n’a pas de mémoire parce qu’il a trop de souvenirs ; ceux-ci se télescopent dans son irrésistible volonté de ne rien oublier et d’être follement précis. Il est accablé, sans en être, le moins du monde affecté par un trop-plein de souvenirs qui brouille complètement son passé, le transforme en passés intriqués ou une sorte de fugace palimpseste où chaque souvenir s’écrivant sur le précédent en modifie tellement la teneur qu’il finissent l’un et l’autre par ne plus avoir aucun crédit.
Si nous avons plusieurs passés, il n’est pas bien de le dire. Il faut se contenter d’un passé parmi d’autres, choisir une perspective précise et ne pas mélanger les points de vue, interchanger les objectifs. Ce qu’a fait sans s’interroger mon narrateur dont la mémoire imaginative plus que fidèle lui permet de réinventer chacun de ses souvenirs et de s’interdire ce après quoi il tend : à savoir, un passé.

Tuesday, June 26, 2007

Le mariage de Thétis et Pélée. (suite et fin)

Le mariage de Thétis et de Pélée fut célébré sur le Mont Pélion mais hors de la caverne de Chiron. Pourquoi ? Ah ça ?... Peut-être un peu juste la caverne. Il y avait du monde. Alors plutôt que de se tasser, mieux valait profiter du beau temps, car je suppose qu’il faisait beau.
Effectivement, il faisait beau sur le mont Pélion, en ce jour de « la pleine lune suivante ». Pour ce qui est de la chronologie, aucun indice supplémentaire. Héra avait dit : « J’invite tous les Dieux de l’Olympe au mariage à la pleine lune suivante ! Réglez vos montres. »
Peut-être faisait-il beau ailleurs que sur le mont Pélion ?
Comme en avait décidé Héra, tous les Dieux de l’Olympe, sur leur trente-et-un, assistaient à la cérémonie. Héra portait la torche nuptiale. Zeus, en buvant nectar sur nectar, regardait d’un oeil résigné Thétis plus en beauté que jamais. Les Parques qui président à notre destin étaient là : Clotho, Lachésis et Athropos qui avaient des prénoms à la mode de cette époque ; des filles sérieuses : la première file nos jours et les évènements de notre vie, la seconde enroule le fil de notre destin, tire les sorts qui donnent un peu de piquant à la monotonie de l’existence, la troisième, la plus gracieuse, coupe le fil.
Les neuf muses, filles de Zeus et de Mnémosyne (la mémoire) étaient là aussi. Les Parques, d’attractions, étaient avides : elles chantèrent avec les muses tandis que les Néréides dansaient. Une danse en spirale sur le sable blanc. Rien à redire. Ganymède servait le nectar. Jusque-là rien que de très banal. Seulement Ganymède fils du roi Tros était trop ! il était le plus bel éphèbe qui vivait sur terre : ça aide. Alors Zeus dont on connaît l’éclectisme voulut, prétendit-il, en faire son échanson. Échanson ! on connaît la musique. Bref, Zeus mit le paquet. Il se déguisa en aigle, s’envola avec Ganymède dans les serres vers les plaines de la Troade, un coin tranquille.
Pour dédommager Tros, Zeus lui fit don d’un cep de vigne. L’autre fit la moue. Il en avait déjà, il était roi. Puis, en regardant bien, il s’aperçut que le cèpe était en or, signé Héphaïstos, un gage de qualité. Sur sa lancée, Zeus, pas chien, très satisfait du petit Ganymède qui servait le nectar comme pas deux, offrit, tenez-vous bien, deux belles juments immortelles. Un beau cadeau. Ah Zeus, il est ce qu’il est (enfin pas toujours avec sa manie de se métamorphoser) mais quand il veut séduire des éphèbes ou des vierges, il est, personne ne me dira le contraire, munificent.
Ganymède, lui, fut à l’abri des infirmités et de la vieillesse, il devint par la volonté de Zeus, immortel. Quand on a le pouvoir ! Générosité équivoque. Mettons-nous à la place de Zeus. Immortel lui-même, il n’avait sûrement pas envie de se faire servir par un vieux flageolant qui lui aurait renversé le nectar sur la chlamyde.
Après la danse en spirale sur le sable blanc, il y eut une foule de centaures fashion portant des colliers d’herbes ; ils brandirent des branches de sapin. La fête était à son comble. Je ne suis pas très mariage mais si c’est pour brandir des branches de sapin, là je dis présent !
Chiron offrit une lance pour Persée (jeu de mots ?). Un cadeau utile. Mais de qualité ! Le fer venait de chez Héphaïstos ! Autant dire le must. La hampe était taillée dans le frêne, mais pas n’importe quel frêne, du frêne du mont Pélion ! Et la cerise sur le gâteau : Athéna en avait poli le manche ! Et quand Athéna vous polit le manche, elle ne le fait pas à moitié ! Plus besoin de viser, la lance part toute seule.
Les Dieux de leur côté s’étaient cotisés, avaient fait un cadeau collectif : une armure en or nickel chrome ! (C’était ça ou le Porsche Cayenne !)
Poséidon, en plus ajouta deux chevaux avec des noms stupides, Balios et Xanthos mais immortels. Le cheval immortel, c’était très tendance. Deux chevaux nés du vent d’Ouest et de Podargé la harpye, en toute simplicité.
Enfin tout le monde y allait de sa chanson ou de sa blague de circonstance quand arriva une déesse qui n’était pas invitée. Pourquoi, puisque Héra avait invité tous les Dieux de l’Olympe ? Quoi qu’il en soit Eris arriva. Eris !! voilà le nom que je cherchais. Eris !! La Discorde. Qui a donné éristique : l’art de la controverse.
Bref, pour finir, elle arrive, balance une pomme au pied de Pélée. Amorti. Contrôle. Une pomme en or ! immangeable ! Sur la pomme était écrit : « A la plus belle ». Pélée fronça le sourcil, signe d’intense réflexion qui chez lui n’annonce rien de bon.
Héra, Athéna, Aphrodite qui discutaient jusque-là gentiment se regardèrent en chiennes de faïence, chacune estimant que la pomme lui revenait.
Comme le mariage allait mal tourner, on s’en remit au jugement de Pâris qui s’ennuyait à garder son troupeau sur le Mont Ida. Au beau berger devenu arbitre, les trois déesses firent des propositions. Héra, en toute simplicité proposa l’Asie et l’Europe. Athéna promit qu’elle ferait de lui un guerrier victorieux. Offre intéressante quand on connaît la qualité des soins de l’époque. Et Aphrodite, elle, lui promit l’amour de la plus belle femme du monde ; Hélène ! de Troie ! L’Asie, Pâris n’en avait cure. Être invincible, c’était tentant, mais Pâris n’était pas bagarreur. Il choisit donc Hélène qui lui semblait à court terme la meilleure affaire. L’ennui c’est qu’elle était mariée à un homme possessif qui prit mal la chose quand Pâris enleva Hélène. Le premier pas vers la guerre de Troie venait d’être fait. Puis la fête reprit son cours.
Après, Pélée récupéra la dot (de nombreux troupeaux), eut des démêlés avec les Phtiens qui refusèrent de payer je ne sais quoi. « Très bien, dit Pélée, soupe au lait, alors moi, je laisse les bêtes errer ! »
Bonne initiative. Psamathé (Psamathé ! la mère de Phocos, le discobole malheureux) voulant venger son fils envoya un loup féroce. Le loup se rassasia des bêtes errantes. Tant et si bien que, lorsqu’il se trouva face à Pélée, il n’y croyait plus. En plus, décidément ce n’était pas le jour du loup féroce, Pélée n’était pas seul ; la Thétis était de passage (pour la garde alternée d’Achille ?). Thétis, profession déesse ne l’oublions pas : elle a regardé le loup qui faisait semblant de ne pas la voir et, tout naturellement, elle a sorti sa langue et le loup s’est changé en pierre, aussi vrai que je vous vois. La preuve, la pierre existe encore ; elle est dressée sur la route. Si ! Entre Locris et Phocis. Vous n’avez qu’à y aller. Vous verrez si je mens.
« Après cela, Pélée revint à Iolcos où Zeus lui donna une armée de fourmis ».
Comme Tros, Pélée tout d’abord est resté expectatif, se demandant si c’était du lard ou du cochon, ces fourmis. Après quand il a vu les fourmis se changer en guerriers, il s’est dit : « J’aime mieux ça ! ».
Avec ses Myrmidons, du nom des guerriers, (on retrouve chez la fourmi rouge – vol nuptial entre juillet et octobre – myrmica laevinodis, un petit air de famille.) Pélée tua Acaste à cause de l’épée sous le tas de fumier ! (Tsst, tsst.) Puis il tua Asthidamie qui avait été trop loin. Ensuite, comme si de rien n’était, « il fit pénétrer ses Myrmidons dans la cité à travers les morceaux de son corps démembré » ( !??) Bien joué quand même.
Pendant ce temps là, inquiète comme toutes les mères, pour savoir si ses fils étaient immortels, Thétis les jetait dans le feu : c’était pour leur bien. De toute évidence, les six premiers n’étaient pas immortels. « Ils tiennent bien de leur père » ronchonnait Thétis.
Un jour, sur les coups de huit heures, huit heures quatre, Pélée sentit une odeur de grillé, il crut que c’était les toasts que préparait Thétis pour le petit déjeuner, mais pris d’une soudaine appréhension, il sauta du lit et surgit dans la cuisine. Il vit Thétis tenant son dernier fils par un pied au-dessus des braises. « Bah quoi ? » dit Thétis. Mais Pélée n’avait pas envie de discuter, de se lancer dans l’éristique. Il arracha le petit dernier des mains de cette mère possessive. « Très bien, dit-elle, et elle quitta Pélée et appela son fils Achille, c’est dire qu’elle n’était pas contente. Elle a appelé son fils Achille parce qu’il n’avait pas encore posé ses lèvres sur sa poitrine. Tout s’éclaire ! Enfin, elle eut le temps de plonger Achille dans le Styx, un petit fleuve paisible des Enfers, réputé pour rendre invulnérables, ce qui est bien pratique, ceux qui y plongeaient… et en revenaient.
Trop âgé pour se battre à Troie (même tout seul !) Pélée donna à Achille son armure d’or, ses deux chevaux avec leur nom stupide… et sa lance de chez Héphaïstos avec le manche poli par Athéna ! Tant qu’Achille fut vivant, personne, je dis bien personne, ne chercha noise à Pélée. Achille, c’était un tendu ! Il jouait brutal. Chahuter avec lui, ça finissait toujours mal. Mais quand la flèche fatale décochée par Pâris l’atteint au talon et mit fin à ses jours, les fils d’Acaste lâchèrent les Phtiens (hum) et Pélée mit les bouts. Thétis, bonne fille, lui dit d’aller l’attendre à la caverne, près du buisson de myrte. Encore..! Pélée se rendit néanmoins à la caverne. « Tout en scrutant passionnément les navires ».
Mais la caverne, ça va cinq minutes. Quand Pélée commença à en avoir plein de dos de regarder passionnément les navires, il fit ce que tout le monde aurait fait à sa place : il partit au pays des Molosses. Et là, vous savez ce que c’est, le mauvais temps, l’Île d’Icos, près d’Eubée… Pélée mourut.
Eh oui, on est peu de chose.
Ça m’en a fichu un coup. Ce n’est pas que je le connaissais depuis longtemps mais ce n’était pas le mauvais bougre, un peu maladroit peut-être ?
« Eris » comment ai-je fait pour ne pas m’en rappeler ?

Pélée et Thétis, la rencontre.


« La déesse Discorde ayant brouillé les Dieux
Et fait un grand procès là-haut pour une pomme… »
( La discorde », La Fontaine)
Impossible de me rappeler du nom de la déesse ! Son nom grec !
Le mot définissant l’art de la controverse dérive du nom grec de la déesse Discorde. Oui, mais le mot définissant l’art de la controverse que j’avais relié au nom de la déesse pour m’en rappeler m’échappait complètement. Où chercher ? À quel nom ? Je me suis rappelé (enfin !) que la déesse avait jeté cette pomme lors du mariage d’une néréide. Les néréides sont des déesses marines d’une grande beauté à ce qu’il paraît. Parfait ! Mais laquelle ?! Elles sont cinquante ! Le vieux Nérée ne s’est pas ennuyé avec la belle Doris, fille d’Océan. J’ai cherché à Nérée et là, j’ai retrouvé Thétis… et Pélée dont j’aurais quand même dû me souvenir.
C’est intéressant ; Thétis ne voulait pas se marier avec Pélée ; une Néréide ne se marie pas avec n’importe qui ! surtout pas avec un pauvre mortel comme Pélée. Pélée dirait que bien que mortel, il avait du sang divin, du côté de son demi-frère, Phocos dont la mère était une Néréide (encore une) Psamathée. Moi je veux bien mais la lignée ne me parait pas des plus directes. D’autant, et cela sans vouloir nuire à Pélée contre lequel je n’ai rien, il l’a un peu tué son demi-frère Phocos ce brave Pélée. Universalis précise : par mégarde. Ils faisaient gentiment de l’athlétisme avec Télamon, l’autre frère de Pélée, et là, mais il n’y a pas de témoin, après que Phocos eût mis une valise aux deux frères sur cent mètres, il aurait pris (par mégarde) un disque en pleine tempe. Ensuite, les fratricides associés cachèrent le corps dans un bois estimant que dans le stade, ça faisait désordre.
Le père de Phocos (également le père des deux garnements) l’a mal pris. Il les chassa. Pélée partit à pied à Phtie à la cour d’Actor ou d’Eurythion son fils (on n’est pas fixé) pour se purifier. Actor ou Eurythion, bon bougre, lui donna sa fille, Antigone. Pour le remercier, lors de la traditionnelle chasse au sanglier de Calydon, le décidément maladroit Pélée tue son beau-père. « Accidentellement » nous certifie Universalis que je trouve bien indulgent. Ah j’oubliais Eurythion avait quand même offert à Pélée un tiers de son royaume. Ce n’est pas grand-chose mais pour un jeune couple qui démarre… Enfin pas de polémique. Que fait ce brave Pélée ? Eh bien, il va, comme d’habitude, se purifier. Il va à Iolcos, accueillante bourgade dont j’ignore tout sinon qu’elle ne pouvait être qu’accueillante puisqu’elle accueillit un type comme Pélée dont la façon de se purifier ne m’aurait rien dit qui vaille. Là, il fait la rencontre d’Acaste, le roi d’Iolcos et surtout de sa femme, Asthidamie, (une rapide) qui lui fait des avances. Pélée, d’un tacle régulier la repousse. C’est tout à son honneur. Mais l’Asthidamie réclame un coup franc qui lui est refusé. Alors, elle va dire à Antigone, que Pélée, fraye avec la fille d’Acaste. Émotive, Antigone se pend. Pélée préfère s’en aller. Trop mauvaise atmosphère.
Il va traîner comme ça de bar en bar. Et il va avoir des mots avec des centaures féroces. Il a bien une épée magique, malheureusement Acaste lui a volé et caché sous un tas de fumier. Tsst, Tsst…
Heureusement un gentil centaure, Chiron le bien nommé (chiron signifie main en grec, prononcer Kiron, d’où chiropracteur, chiromancie…et chirurgien) met la main à la pâte ; il sauve Pélée des Centaures féroces et va le conseiller pour conquérir Thétis.
Zeus aurait bien épousé Thétis (elle aurait aimé. Un Zeus, sur le livret de famille, ç’est quand même autre chose que d’être marié avec un Pélée, ou trois tondus) seulement il y avait une prophétie qui courait comme quoi le fils de la Néréide Thétis serait plus fort que son père. « Négatif ! » aurait dit Zeus (Scholiaste de César Germanicus : Aratea 89 I.3.9). Autre version mais non certifiée : « Certes pas, s’exclama Zeus, profondément attaché à sa prééminence. » (Apollonios de Rhodes : II.4.3) Personnellement, la formule plus lapidaire du Scholiaste me semble serrée au plus près l’idiosyncrasie de Zeus.
Résultat des courses : Pélée fut désigné pour être le mari de Thétis, avec Chiron pour coach qui lui conseilla d’aller se dissimuler derrière un buisson de myrte sur le rivage d’un îlot thessalien. Cela peut paraître fantasque de prime abord, toutefois, comme Thétis venait souvent nue à cheval sur un dauphin pour goûter les plaisirs de la sieste dans une caverne que le buisson dissimulait, la manœuvre peut se comprendre. Donc arrive la Thétis en dauphin, elle le gare à l’entrée de la caverne, elle descend et à peine est-elle entrée dans la caverne que le Pélée surgit de son buisson de myrte, se jette sur elle.
Quelques précisions à propos de Thétis. Ce n’est pas la dernière des banlieusardes, prise par surprise dans le métro à trois heures du matin. Thétis est quand même une déesse ; elle n’est pas sans quelques pouvoirs ? Avec elle pas de bombe lacrymogène, de pistolet d’alarme, son truc, c’est la métamorphose. Et la métamorphose, c’est vraiment utile. Toute déesse marine qu’elle est, Thétis, comme un seul homme, va se changer successivement, affirment Ovide (Métamorphoses XI.221ss), Sophocle (Troilus cité par Scholiaste de Pindare : Néméennes III.35), Pausanias et tant d’autres que nous connaissons tous, en feu, en eau, en lion et en serpent. On a beau être averti, quelqu’un qui passe comme ça du feu à l’eau, de l’eau au lion, du lion au serpent, ça surprend et là, il faut le reconnaître Pélée a assuré (comme on disait à cette époque). Il ne s’est pas laissé démonter, malgré les brûlures, qu’il ait bu la tasse, qu’il ait été griffé, étouffé (ou piqué ? rien sur le serpent !), il s’est agrippé à sa Thétis comme un malade même lorsqu’elle s’est transformée en énorme seiche glissante et qu’elle cracha un de ces paquets d’encre qui en aurait fait réfléchir plus d’un. À force d’être de la sorte enlacée, Thétis s’est lassée, laissée faire. Elle a cessé de faire la seiche et a partagé avec Pélée des baisers humides.
Demain, je raconterai le mariage. Comme disait ma grand-mère ça vaut l’os.

Monday, June 25, 2007

La phrase liminaire met l’esprit en suspens, non parce qu’il faut chercher mais choisir.
J’entrevois plusieurs débuts possibles ; chacun éveille en moi des perspectives d’aventures intérieures différentes, et tous, réunis, en constante mutation (nouvelle vision, nouveau sentiment, idée fugace, oubli, souvenir…), pareils à une continuelle palpitation, me proposent, le temps d’un battement, une image suggérée, changeante, riche d’inconnus.
Des poussières volettent dans un rai de lumière à hauteur de regard. Les poussières, surtout aériennes, ont toujours exercé sur moi un attrait particulier. J’ai beau m’en défendre en les renvoyant à leur statut de détails futiles, leur insignifiance justement m’attire ; je peux lire ou écrire, une fois le stylo posé, le livre fermé, je retourne à mes poussières, à ces touches d’éphémères qui néanmoins persistent, de renaissance en renaissance.
Ainsi la buée ; la goutte qui glisse sur la vitre, ralentit, bifurque au gré des autres points d’eau plus minuscules dont elle se grossit, unique aventure. Cette même goutte sans cesse métamorphosée ressuscite en moi une collection d’instants. De la goutte d’eau présente, dernier avatar de la goutte d’eau originelle, ma première goutte d’eau oubliée du monde de l’enfance, je passe en revues les différents êtres que j’ai été. Grâce à elle, je fais un chemin d’apparences inverse pour retrouver mes métamorphoses. Littéralement voyager du regard, voyager en goutte d’eau.
Pour en revenir aux poussières, j’avoue qu’elles me portent elles aussi vers ces moments hors du temps, vers la jeannette dont se servaient les mamans du passé pour repasser ; j’aime me revoir assis dans un coin de cuisine contemplant ces particules mobiles, en équilibre, soutenues par la lumière qui rayait la pièce. La lumière venait de si haut, de si loin, en cet instant précis pour s’échouer chez nous sur une boîte de gâteaux, sur cette boîte et nulle autre, avec une vue d’un port de Bretagne s’ouvrant sur une mer bleue où voguaient chalutiers et remorqueurs, et d’une jolie Bretonne et sa coiffe bigoudène ; des particules prises dans ce faisceau, uniquement visibles en lui, hors de lui invisibles mais présentes : manière de leçon pour apprendre à voir ce qui ne se donne pas à voir.
Pinceau de poussières dans les cinémas entre projecteur et écran. Des poussières aux baisers des amoureux, dans l’ombre, leurs mains baladeuses. On en apprend, enfant, par la poussière. Sans doute, une clé du savoir. Le livre essentiel que l’on cherche à côté du livre non moins essentiel que l’on découvre sans l’avoir cherché. On apprend de proche en proche. Il n’y a pas de détail. L’intelligence est prête à se poser sur tout pour s’envoler vers tout.

Friday, June 22, 2007

L'authentique sterne Caugec.


De planche en planche, je me suis toqué pour les oiseaux. Comme sur les oiseaux, je ne savais rien, j’ai décidé d’en savoir plus. Je dois reconnaître, à ma grande honte que je ne faisais pas plus de différence entre une sterne hansel et une sterne caugec que je n’en fais entre un Jacobus Papa et un Clemens non Papa. J’étais incapable de savoir à leur calotte qui n’a rien de glacière si nous étions en hiver ou en été. Or, la sterne, je le sais désormais, a le front blanc en hiver. Par conséquent, si vous en croisez une avec une calotte toute noire, vite en maillot de bain, direction la plage, vous êtes en été. A l’inverse, calotte blanche, brrr, petite laine voire chaud manteau : c’est l’hiver.
La différence entre la sterne de Dougall et la sterne Caugec est qu’elles ont toutes les deux le bec noir ! Aussi, pour les distinguer, j’appellerai la sterne de Dougall : « Dougall non Caugec ». Ou mieux encore : « Dougall non Caugec non Papa » afin de ne pas confondre cet oiseau gracile avec un compositeur flamand qui ne tient pas à ce qu’on le confonde avec un poète inconnu.
Procédons par ordre. Si vous rencontrez une sterne de Dougall non Caugec non Papa (ce qui peut vous arrivez aussi bien qu’à moi), non seulement vous savez que vous n’êtes pas au XVIe siècle (sinon, comment le prouver ?), que vous n’êtes pas en présence du compositeur de « Miséricorde au vicieux », ce qui est rassurant quand on connaît le bonhomme, mais en plus qu’il y a du rouge à la base du bec de l’oiseau, même s’il fait nuit, puisque c’est une sterne de Dougall non Caugec non Papa et que vous êtes des fois en été, des fois en hiver et que votre nom est sans aucun doute… non Papa.
C’est par goût pour la classification, la précision que j’étudie les oiseaux. Pour leurs noms également.


Thursday, June 21, 2007

Clemens non Papa.


Je parlais du soleil. Indirectement. Via les poussières. Et voilà qu’il pleut en biais. J’attendais le facteur. Plus précisément deux compacts disques sur les chants des oiseaux d’Europe. Le facteur est passé… sans s’arrêter. A l’instar de Jacques de Molay s’adressant à Philippe le Bel, au pape Clément…V, après vérification, et au chevalier Guillaume de Nogaret, j’ai eu envie de citer le facteur à comparaître au tribunal de Dieu pour y recevoir un juste châtiment, puis être maudit jusqu’à la treizième génération de sa race.
En vérifiant le chiffre du pape, sa place dans le rang des Clément (il y en eut quatorze) j’ai remarqué un patronyme curieux : Clemens non Papa. À dire vrai, un surnom. Le vrai nom de Clemens non Papa était Jacques Clément. Jacques Clément, comme l’assassin d’Henri III. Le 31 juillet 1589, Henri III fut tué d’un coup de poignard au bas-ventre, sur sa chaise percée et Jacques Clément sur le champ par les gardes royaux. Jacques Clément était un moine ligueur fanatique et mélancolique qui s’était mis en tête de tuer le roi ; ce qu’il fit. Subtil il avait fait de « frère ‘I’acques Clément » l’anagramme prémonitoire : « C’est l’Enfer qui m’a crée ». Une fois mort, il fut écartelé et brûlé, comme tout régicide qui se respecte.
Jacques Clément pas Iacques Clément, s’est surnommé Clemens non Papa pour qu’on ne le confonde pas avec le poète Jacobus Papa. Il était un compositeur flamand né en 1510 à ? et mort à Dixmude vers 1577. Dixmude, comme le dirigeable Allemand destiné à la marine lors de la première guerre mondiale et qui devait, de ce fait, s’appeler L72, (comme le médicament homéopathique dans le traitement des troubles légers d’anxiété et de l’hyper excitabilité), qui s’appela en fait LZ. 114, avant qu’il ne devienne propriété française et s’appeler Dixmude, comme la bataille qui eut lieu sur le front de l’Yser, à partir du 19 octobre 1914, « par un clair et joyeux matin ensoleillé » comme nous le relate si bien Ernest Collin, soldat au douzième de ligne. Collin comme Collin dont le patronyme est porté en France par 20883 personnes et se trouve ainsi au cent cinquante-cinquième rang des noms les plus portés en France, entre Boulanger et Hervé, comme Daniel (un camarade de classe) et comme Daniel dans la fosse aux lions (sept) ; Collin ! non Colin, comme le poisson mais comme Colin, l’hypocoristique avec aphérèse de Nicolas, qui vient de « Niké », victoire et « Laos », le peuple et non Laos le pays.
Jacques Clément, alias Clemens Non Papa, a composé quinze messes, deux cent trente-trois motets, seize magnificat et diverses pièces de musiques sacrées dont un en français ayant pour titre : « Miséricorde au pauvre vicieux ». Clemens non Papa a aussi composé quatre-vingt-neuf chansons françaises, profanes mais quand même, dont une avec des paroles de François Ier.
J’ai oublié de préciser que le Dixmude a explosé près des côtes siciliennes, le 21 Décembre 1923 à 2H27, frappé par la foudre comme le rapporte le père de Jean du Plessis qui se trouvait à bord. Pas Jean du Plessis, Richelieu, un autre, spécialiste en dirigeable.
En 1545, Jacques clément s’est fait appeler Clemens non Papa ; certains prétendent à tort que c’était pour qu’on ne confonde pas avec Clément VII, le pape, de son vrai nom, Jules de Médicis. Clément VII comme Clément VII, Robert de Genève, l’antipape élu par les cardinaux mécontents d’Urbain VI (Bartolomeo Prighano).
En vérité c’est, je l’ai déjà dit, pour qu’on ne le confonde pas avec Jacobus Papa, que Jacques Clément s’est fait appeler Clemens non Papa ; parce qu’ils habitaient tous deux Ypres. Ypres non loin de Dixmude où on utilisa, le 11 juillet 1917, l’ypérite, le gaz moutarde, du nom de la ville éponyme ; 11 juillet, jour de la béatification par le pape Clément XI (Gianfracesco Albani), de la religieuse franciscaine et mystique, Angèle de Foligno.
Cependant, je ne comprends pas pourquoi, parce qu’on habite la même ville, on devrait changer de nom pour ne pas être confondu avec quelqu’un dont le nom est différent du sien : Jacques Clément et Jacobus Papa ; même si Jacobus et Jacques c’est pareil ; Clément et Papa, ce n’est pas pareil ! C’est absurde de compliquer les choses ainsi, quand tout peut être si simple ! Vous vous appelez Clément, très bien, comme il y en a qui s’appelle Papa (aussi curieux que cela paraisse), ce n’est pas une raison pour souligner le fait que vous ne vous appelez pas comme lui !
On ne sait rien de Jacobus Papa. Tout ce que l’on sait de lui c’est par l’intermédiaire de quelqu’un qui n’a pas voulu qu’on le confonde à lui. Si Jacques Clément ne s’était pas fait appeler Clemens non Papa, on ne saurait même pas que Jacobus Papa a existé. Ce dernier doit toute son existence, qui désormais se résume à un nom sans histoire, à l’existence d’un autre qui n’a pas voulu qu’on le confonde à lui, alors que cela ne risquait pas puisqu’il n’avait pas le même nom ! Comment aurait-on pu confondre Jacques Clément et Jacobus Papa maintenant qu’on ne sait plus rien du second ? Le premier peut toujours préciser « non Papa », on s’en moque bien puisqu’on ne connaît pas Papa.
Encore si Jacques Clément s’était appelé Jacques non Papa, dans un souci de précision : « Je m’appelle Jacques, comme Jacques, Jacques Papa, mais attention, moi c’est Clément, non Papa, j’ai bien dit Clément virgule, non Papa et non Clemens non Papa sans virgule », tout aurait été plus clair. Ou, mieux encore, on aurait su alors qu’il n’était pas Jacques Papa ou Jacobus Papa, bien qu’on le savait déjà puisqu’il s’appelait Clément ! Enfin, la confusion aurait été moindre. Tandis que Clemens non Papa quand on s’appelle Jacques Clément, c’est de la démence, d’autant plus que Clément était son nom et Jacques son prénom et non l’inverse. Je m’appelle Clément Jacques et je ne veux pas qu’on me confonde avec Papa Jacques, bien, je me fais appeler Clemens non papa, pourquoi pas, bien qu’étrange. Moi, je m’appelle Alain Imoléon, comme d’autres s’appellent Jacques Clément, un ami habite la même ville que moi, appelons-le Roger Montreau, comme d’autres se nomment Ernest Collin ou Jacobus Papa, est-ce que je me fais appeler Imoléon non Montreau pour que l’on ne nous confonde pas ? Pas du tout. Je continue à m’appeler et me faire appeler Alain Imoléon, comme tout le monde, et Roger Montreau continue en toute logique à s’appeler Roger Montreau et personne ne nous, à ma connaissance, ne nous confond. Alors que si j’étais Jacques Clément, je ne serais pas certain que l’on ne me confonde pas avec celui dont j’ai voulu justement me distinguer en niant son nom alors qu’il aurait pu tranquillement sombrer dans l’inconnu et que, grâce à moi, au contraire, il s’est accolé à moi ; son nom et le sien, avers et envers d’une seule et même identité dont on ne sait plus qui est qui ; paradoxe pour un être qui en voulant se distinguer d’un autre, en ne voulant surtout pas qu’on le confonde à lui a plongé tout le monde dans la confusion et fait de cet autre inconnu un autre lui-même.
« Méchant moine, tu m’as tué » furent les mots qu’aurait prononcés Henri III à Jacques Clément.

Tuesday, June 19, 2007

Au fil de la pensée.







J’ai passé ma vie à vouloir changer, plus précisément à m’améliorer. Écrivant cela, il est facile de constater que je n’ai pas changé puisque je suis toujours celui qui veut changer. C’est une constante. Pourtant, même si je traîne des façons d’être dont je ne suis jamais parvenu à me débarrasser, en dépit de mes efforts (mais que je n’ai pas encore renoncé à me débarrasser), il y a eu des changements, certains voulus, d’autres subis : il n’y a pas de règle pour définir lesquels m’ont été les plus favorables.

Chaque année, il me faut me réhabituer à être seul la journée, ne parler à personne. Il me faut puiser suffisamment de confiance en moi pour me résoudre à écrire. Tout ce qui nourrit l’écriture et ne vit que par elle est retourné à l’état latent ; après un trop long silence, je ne le perçois plus qu’indistinctement et j’en viens même à douter de son existence ; je me sens vide et moi-même inexistant : ces moments ne sont pas mes meilleurs moments ! Sans doute est-ce parce qu’ils sont difficilement supportables que je me remets à écrire. L’angoisse l’emportant sur le manque de confiance.

Plus d’un mois est passé depuis ma dernière lettre…
Et plus de quatre heures sont passées depuis ce début de phrase. Ne me demandez pas pourquoi. Si je vous répondais, ce serait répondre à vingt-cinq ans d’atermoiements, de doutes.

La légèreté ne donne le frisson que parce qu’elle vainc les pesanteurs ; sans elles, aucun mérite, aucun dépassement des contraintes : le moment de grâce est dans l’oubli des contraintes surmontées, quand, en prenant appui sur elles, on s’arrache à sa condition, on s’élève hors de soi.
En toute immodestie, je ressens cela parfois lorsque j’écris, et d’autrefois même, quand je relis, plusieurs mois plus tard, des pages par moi écrites et qui me donnent l’impression de l’avoir été par un autre. Avec une petite touche d’amnésie ou un soupçon de schizophrénie, je pourrais même finir par croire que j’ai entre les mains les pages de l’écrivain que j’aurais voulu être. Sans doute le simple fait de me rappeler que ces pages sont de moi retire aussitôt cette dimension idéale à l’écrivain, lequel n’est, de la sorte, que ce qu’il est.

Comment résister à la Mougnarde ?


Ce matin je feuilletais un guide ( ?) : Insectes de France et d'Europe occidentale. J’ai appris que les Drépanes et Thyatirines sont de petites familles de papillons ayant l'aspect de Géomètres ou de Noctuelles. Poésie … Les processionnaires et les Lymantriides ! Thyatirines et Lymantriides : tout le tragique d’antiques familles grecques ?
Hémérobes, Raphidies… mouches scorpions (ou Panorpes).
J’ai pris connaissance de la vie des Psylles, des Aleurodes, des Psoques et des Thrips. Sachez qu’il y a trois mille espèces de Thrips ! Trois mille ! Des hommes ont consacré leur vie à l’identification de Thrips inconnus, à faire la nécessaire et subtile différence entre deux Thrips que personne ne connaît. Grâce leur en soit rendue.
Je songe à Henri Michaux : Voyage en grande Carabagne ; il décrit la vie des Hacs, des Emanglons, des Gaurs, des Nonais et des Oliabaires, des Hivinizikis.
« Si, tandis qu'un Emanglon fête chez lui quelqu'un, une mouche entre dans la pièce où ils se trouvent, l'invité, fût-il son meilleur ami, se lèvera et se retirera aussitôt sans dire un mot, avec cet air froissé et giflé qui est inimitable. »
« Les Hacs s'arrangent pour former chaque année quelques enfants martyrs auxquels ils font subir de mauvais traitements et d'évidentes injustices, inventant à tout des raisons et des complications décevantes faites de mensonge dans une atmosphère de terreur et de mystère. »
Il y a aussi Le livre des êtres imaginaires de Borges, êtres tirées des mythologies : les Nagas, le Nisnas, les Nornes et l'Odradek.
Quelques mots sur le Myrmécoléo ? C’est une créature des bestiaires du moyen âge :
« Le père a forme de lion, la mère de fourmi ; le père se nourrit de viande, et la mère d'herbes. Et ceux-ci engendrent le lion-fourmi, qui est mélange des deux et qui ressemble aux deux, car la partie antérieure est de lion, la partie postérieure de fourmi. Ainsi constitué, il ne peut pas manger de viande, comme le père, ni d'herbe, comme la mère ; par conséquent, il meurt. » Humour médiéval.
Ou encore les animaux fabuleux de Woody Allen.
Le Niourk, un petit oiseau qui parle de lui à la troisième personne, comme ceci : « Il est grand, ce petit oiseau , hein ? »
« Le Schmoll volant, lézard de quatre cents yeux, deux cents pour voir au loin, deux cents pour lire le journal. Selon la légende, si un homme regarde un Schmoll droit dans les yeux, il perd immédiatement son permis de conduire. »
« Le Croquin, monstre marin avec le corps d'un crabe et la tête d'un expert comptable assermenté. »
« Le grand Rhou, animal mythique, qui a la tête d'un lion et le corps d'un lion, mais ce n'est pas du tout un lion. Il a la réputation de dormir pendant mille ans, puis de prendre soudainement feu, particulièrement s'il fumait au lit. L'apparition d'un Rhou est généralement considérée comme maléfique, et précède la plupart du temps une famine ou une invitation à un vernissage. »
Et enfin : la Mougnarde ! « c'est une grande souris blanche avec imprimées sur l'estomac, les paroles de Chantons sous la pluie . La Mougnarde est absolument unique parmi les rongeurs, en ce qu'on peut en jouer comme d'un accordéon.
Proche parent de la Mougnarde est le Bistacle, petit écureuil qui sait siffler et connaît personnellement le maire de Détroit. ».

Monday, June 18, 2007







Suite des pas de danse.

Premiers pas sur ce blog. Premiers pas incertains suivis par d'autres qui, je l'espère, le seront moins et m'emmèneront, au hasard des jours, dans des rêveries, des réflexions dont j'ignore encore la teneur ; ce qui, à mes yeux, en font tout le charme. Je les accompagnerai de photos, ces "espaces d'instants" que je tente de saisir, et avec lesquels, quand ils s'y prêtent, j'aime jouer.

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