Suite et fin.
Suite et fin.
Parmi les croyances transmises par les anciens de la région de Mathony, proche des Monts Panothos, celle d’une bête qui tiendrait de l’ours, pour son goût du miel, et de l’autruche pour sa vitesse, du renard dont il a la ruse et l’habilité à dérober les poules et de l’hippopotame pour son aisance à se mouvoir dans l’eau et la faculté de se soigner par la saignée quand il a trop mangé ne laisse pas d’interroger tout observateur sérieux de la Nature. Sa chair serait délicieuse pour qui sait le capturer.
De même, l’affirmation comme quoi les vautours lorsqu’ils se sentent menacés deviennent transparents, ne laissant apparaître que les morceaux de cadavres qu’ils viennent d’avaler emplissant ainsi de dégoût celui qui les approche n’est pas accrédité par Reduvius Personatus, lequel reconnaît pourtant que les vautours qu’on interrompt dans leur macabre festin se vengent en laissant tomber leurs déjections sur la tête des passants, ou en pondant des œufs d’où surgissent des vipères.
Parlons du Corinoar que les Phrygiens nomment ternocan ; son étrangeté n’a d’égale que les preuves de son existence : cet oiseau qui résiste au feu pond cinq œufs noirs auxquels il doit son nom est dépourvu de poumons et prend l’apparence de celui qui lui fait face. En été, il n’est pas rare de voir cet animal solitaire adopter un comportement grégaire, leur plumes se changeant en écailles et ne pouvant de ce fait voler, les mâles luttent en se poussant de l’aile afin de faire chuter dans le vide le rival malheureux que les femelles au fond du ravin dévoreront après lui avoir gobé les yeux qu’il a au nombre de trois. Si un ternocan cligne de l’œil central, la foudre épargnera votre demeure au mois de mai. Le ternocan glatit comme l’aigle, son cousin.
En revanche, douteuse, la coutume chez les Hospitons qui consiste à demander sa main à une chenille dans l’espoir qu’elle se transforme après les calendes, dès la première lune, en jouvencelle dotée de grands yeux rouges qui voient à l’intérieur des corps : invention hellénique ! même si Agrion l’atteste dans son traité sur les mœurs secrètes des chenilles. Agrion affirme pour l’avoir observé que si le papillon à l’origine de la chrysalide s’est posé sur le sein d’une vierge endormie, elle se transformera en véritable nymphe d’abord minuscule pourvue cependant de tous les attributs féminins en plus d’une paire d’ailes qu’elle perdra avec sa virginité, une fois qu’elle aura atteint la taille adéquate. On dit aussi que si vingt jours après les épousailles, la mariée a encore ses ailes, la rouille sera sur le blé d’automne, les grues voleront à l’envers, vision fatale à la femme enceinte qui accouchera d’un garçon à tête de volatile ; ne pouvant téter, sa mort est heureusement inévitable. Mais il ne faut pas ajouter foi à la légende toujours véhiculée par les gens du commun pour lesquels elle ne fait pas de doute, comme quoi il pousserait une queue de lézard, en proportion du corps, au mari qui a arraché les ailes de son épouse afin que personne ne soupçonnât son infortune. Et ce d’autant que la queue du lézard est labile, le mari pouvant aisément se l’arracher comme il l’a fait des ailes de son épouse insatisfaite. La meilleure preuve contre ce genre d’affabulation est que sitôt ses ailes indûment enlevées, la nymphe reprend sa forme initiale, redevient chenille, et pour éviter d’être écrasée par celui qui n’a su l’honorer, se change instantanément en une énorme matrone, comme il y en a tant sur les forums ; sa similitude avec la chenille se constatant par le duvet qui orne le dessus de la lèvre.
J’ajouterai qu’un lézard ne peut se reproduire avec une chenille ou uniquement s’ils tombent éperdument amoureux l’un de l’autre ; le produit de leur union s’appellera alors si c’est un garçon « Chezard », et « lénille » si c’est une fille !
Parmi les croyances transmises par les anciens de la région de Mathony, proche des Monts Panothos, celle d’une bête qui tiendrait de l’ours, pour son goût du miel, et de l’autruche pour sa vitesse, du renard dont il a la ruse et l’habilité à dérober les poules et de l’hippopotame pour son aisance à se mouvoir dans l’eau et la faculté de se soigner par la saignée quand il a trop mangé ne laisse pas d’interroger tout observateur sérieux de la Nature. Sa chair serait délicieuse pour qui sait le capturer.
De même, l’affirmation comme quoi les vautours lorsqu’ils se sentent menacés deviennent transparents, ne laissant apparaître que les morceaux de cadavres qu’ils viennent d’avaler emplissant ainsi de dégoût celui qui les approche n’est pas accrédité par Reduvius Personatus, lequel reconnaît pourtant que les vautours qu’on interrompt dans leur macabre festin se vengent en laissant tomber leurs déjections sur la tête des passants, ou en pondant des œufs d’où surgissent des vipères.
Parlons du Corinoar que les Phrygiens nomment ternocan ; son étrangeté n’a d’égale que les preuves de son existence : cet oiseau qui résiste au feu pond cinq œufs noirs auxquels il doit son nom est dépourvu de poumons et prend l’apparence de celui qui lui fait face. En été, il n’est pas rare de voir cet animal solitaire adopter un comportement grégaire, leur plumes se changeant en écailles et ne pouvant de ce fait voler, les mâles luttent en se poussant de l’aile afin de faire chuter dans le vide le rival malheureux que les femelles au fond du ravin dévoreront après lui avoir gobé les yeux qu’il a au nombre de trois. Si un ternocan cligne de l’œil central, la foudre épargnera votre demeure au mois de mai. Le ternocan glatit comme l’aigle, son cousin.
En revanche, douteuse, la coutume chez les Hospitons qui consiste à demander sa main à une chenille dans l’espoir qu’elle se transforme après les calendes, dès la première lune, en jouvencelle dotée de grands yeux rouges qui voient à l’intérieur des corps : invention hellénique ! même si Agrion l’atteste dans son traité sur les mœurs secrètes des chenilles. Agrion affirme pour l’avoir observé que si le papillon à l’origine de la chrysalide s’est posé sur le sein d’une vierge endormie, elle se transformera en véritable nymphe d’abord minuscule pourvue cependant de tous les attributs féminins en plus d’une paire d’ailes qu’elle perdra avec sa virginité, une fois qu’elle aura atteint la taille adéquate. On dit aussi que si vingt jours après les épousailles, la mariée a encore ses ailes, la rouille sera sur le blé d’automne, les grues voleront à l’envers, vision fatale à la femme enceinte qui accouchera d’un garçon à tête de volatile ; ne pouvant téter, sa mort est heureusement inévitable. Mais il ne faut pas ajouter foi à la légende toujours véhiculée par les gens du commun pour lesquels elle ne fait pas de doute, comme quoi il pousserait une queue de lézard, en proportion du corps, au mari qui a arraché les ailes de son épouse afin que personne ne soupçonnât son infortune. Et ce d’autant que la queue du lézard est labile, le mari pouvant aisément se l’arracher comme il l’a fait des ailes de son épouse insatisfaite. La meilleure preuve contre ce genre d’affabulation est que sitôt ses ailes indûment enlevées, la nymphe reprend sa forme initiale, redevient chenille, et pour éviter d’être écrasée par celui qui n’a su l’honorer, se change instantanément en une énorme matrone, comme il y en a tant sur les forums ; sa similitude avec la chenille se constatant par le duvet qui orne le dessus de la lèvre.
J’ajouterai qu’un lézard ne peut se reproduire avec une chenille ou uniquement s’ils tombent éperdument amoureux l’un de l’autre ; le produit de leur union s’appellera alors si c’est un garçon « Chezard », et « lénille » si c’est une fille !



