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Le moi qui passe.


La brume n’est pas loin,
l’hiver approche ; un chien
ramasse un os perdu. Le ciel
se divise par bleus. J’attends
les mots. Chaque objet
en fourmille, les êtres grouillent
de mots mais
on ne se sent pas toujours porté
vers
les uns ou les autres.
Ce qui me retiendrait
davantage et qui, pourtant, semble sans avenir, c’est l’ombre
de mon stylo allant
sur la feuille
blanche, comme écrivant les mots plus
que la plume, le stylo
que je tiens entre mes doigts. De l’ombre
ou du stylo,
d’où naissent les phrases ? Le soleil caché,
on oublie cette écriture de l’ombre,
mais visible ou pas, l’ombre dicte
ce que nous ignorons être.
En cet instant, un moineau ! Sans elle,
je continuerai à me croire là, plutôt humain et écrivant
mais elle me dit moineau…
envolé désormais, disparu,
reflet fugace qui a croisé et l’horizon et mon regard.
A peine le temps de me saisir moineau
que déjà je me suis perdu de vue.
Où suis-je maintenant ?
Dans quel arbre ? Sur quel toit ?
Le moineau alter ego est parti
Avec un brin de moi-même.
Il en est ainsi des moineaux, des rares chiens courants,
du moucheron sur la glace
mais des sapins aussi, des invisibles ruisseaux,
des horizons fuyants, des toiles d’araignées,
des formes changeantes qui émaillent chacun de mes instants,
et font de moi, par la force de l’ombre,
quelqu’un ou quelque chose d’autre
qui s’éclipse sans crier gare,
m’emportant
irrémédiablement
par infimes morceaux d’être.

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