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Murs.



Dehors le vacarme
des camions, des motos, le grincement
régulier des autobus bondés de visages mornes,
s’arrêtant devant la station réduite
à un panneau, pas d’abri, le crépitement
des marteaux-piqueurs pour d’éternels travaux.
Dessous, les mélopées arabes. A côté, la musique hard. Partout,
la télé, la radio. La nuit
à côté les bruits de sommier rythmés par les cadences
discordantes tenues sur des bongos
par un jamais-musicien.
Des « oui », des « non »,
des « je viens », des « je pars »,
des « assez », des « encore »
et le sommier
« boïng-boïng »
ou « boïngboïngboïng »
ou « boïng…boïng…boï… » .
les murs émettent des bruits de succion,
soupirent, râlent,
murmurent.
Une fois qu’il est venu avant qu’elle ne parte,
à moins qu’elle ne soit venue avant qu’il ne parte,
Ou…?
Enfin, une fois qu’il est arrivé à la faire partir
(si jamais elle est venue),
que le sommier a expiré dans un ultime « boïng »,
résonnent, romantiques, les robinets
coulant mélodieusement, faisant trembler
les tuyauteries et une pléiade de spermatozoïdes
qui n’auront pas vu le jour.
Emportés par les flots, pauvres graines de Moïse.
L’humanité, par ma personne symbolisée,
est néanmoins rassurée,
l’apparition, neuf mois plus tard,
de nouveaux fléaux est repoussée, encore neuf mois
sans que les murs ne se doublent de vagissements.
Après quelques propos acerbes post-coïtaux,
l’espace s’emplit de ronflements.
C’est la paix.
Mais maintenant, il fait jour,
il faut tenter de vivre.
Tout à coup, regret
de n’être plus de l’autre côté du mur,
d’être à écrire du côté du silence.

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