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Ombres portées.


Je marche, il est minuit,
dans une rue déserte.
La musique persiste
dans ma tête.
Sur les vitres nocturnes
où ma silhouette glisse,
le reflet de mon visage
me regarde, étranger.
Il fait froid ou il pleut,
il fait chaud ou il vente.
Les saisons se confondent
à l’image de ces nuits
où je suis rentré seul.
C’était le temps des ombres,
de leurs métamorphoses,
entre deux lueurs précises ;
elles se prêtaient au jeu
de l’imagination,
créaient des variations,
en attendant l’aurore.
Je voyais des nuages d’ombres
voler sur le trottoir,
se noyer dans une flaque.
Je voyais des visages d’ombres
se rappeler au souvenir,
blottis dans des recoins,
changeant à chaque pas.
Je voyais des corps d’ombres
exposés sur un mur,
comme des promesses d’étreintes
aussitôt disparus
sous les phares d’une voiture.
Chaque ombre me revoyait
à mes ombres cachées
qui me hantaient le jour,
que révèlait la nuit.

Je marchais à minuit
dans une rue oubliée.
La musique s’est enfuie
de ma tête.
Les vitres ont disparu
et mon reflet aussi ;
ne demeurent que mes ombres
pour un autre moi-même,
seul dans une vie déserte.

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