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Une nuit.


Une nuit, je courais autour du lac d’Enghien, une femme me suivait ; portée par le vent, son parfum m’imprégnait ; à moins qu’au fil des tours, je revenais dans son sillage. Je me suis arrêté, je me suis retourné ; la femme s’est arrêtée également et a marché vers moi en souriant. Je lui ai demandé ce qui la faisait sourire. C’était le fait d’effleurer de la main l’écorce du dernier platane avant le petit pont blanc, m’a t-elle répondu. Il est vrai que je suis homme de rituel. Les mouettes glissaient sur la surface glacée. On entendait venant d’une maison de style Louisiane Les fées sont d’exquises danseuses. Sous le ciel bleu, l’ombre de la femme prolongeait celle d’un saule. « Vous écrivez ? me demanda-t-elle ». Comment savait-elle cela. Un chat gris s’étira sur le muret d’un jardin. Sans attendre de réponse elle se tourna vers le lac. Elle voulut savoir quels étaient ces oiseaux qu’on voyait au printemps au vol rapide. Des martinets. Le soleil illuminait la nuit. Sans me regarder, elle me dit qu’elle aimerait avoir mon adresse informatique pour m’écrire ce qu’elle pensait de moi. J’allais la lui donner quand ma femme alluma la lumière. Il était l’heure de se lever. Comment la femme du lac allait-elle pouvoir m’écrire ?
Cette question me tourmenta tout le jour. Heureusement le soir, je reçus, par courriel, une longue lettre dans laquelle mon inconnue de la nuit m’écrivait tout le bien qu’elle pensait de tout ce que j’avais écrit. C’était agréable et déconcertant, une inconnue qui me connaissait autant. Je répondis aussitôt à son message ; et ce fut le début d’une belle correspondance.
Terre à terre, ma femme insinue que je m’écris à moi-même.

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